Livres. Films. Musique

Archives mensuelles : juillet 2012

Hier soir, ma copine Murielle et moi sommes allées voir Jane Eyre au cinéma. Nous étions quelque peu mélancoliques, car les deux salles d’art et essai de la ville vont fermer définitivement la semaine prochaine pour laisser place à un centre des congrès. Horreur et damnation. C’était pour nous la seule possibilité de visionner des films en version originale. Moi qui milite pour voir les films dans leur langue d’origine, je me demande où je vais pouvoir me rendre pour satisfaire cette exigence. Surtout que dans ce cas précis, visionner le film en français aurait été un non-sens absolu.

Mais reprenons depuis le début. J’avais très peur de ce que j’allais découvrir car j’étais plutôt satisfaite de la version précédente signée Franco Zeffirelli avec William Hurt et Charlotte Gainsbourg. Il faut dire que j’avais 13 ans quand elle est sortie. Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette version-ci est à l’opposé de la première, et c’est tant mieux. J’ai été absolument subjuguée par ce film, d’un bout à l’autre. La réalisation est soignée, la prestation des acteurs est incroyable, notamment celle de Mia Wasikowska, qui est LA Jane Eyre parfaite que l’on a tous dans la tête. La musique de Dario Marianelli accompagne merveilleuse l’action, elle a eu le même effet sur moi que la bande originale de Bright Star, de Jane Campion. Les jeux d’ombres et de lumière rendent l’atmosphère si particulière des demeures anglaises isolées durant l’hiver. J’en reviens à mon idée de départ, qui était de dire que voir ce film en version originale est une absolue nécessité. Le phrasé des acteurs est pour moi un vecteur d’émotion et ici, l’anglais et son phrasé donnent une dimension encore plus intense aux propos des personnages.

Ma seule retenue irait à Michael Fassbender qui interprète un Rochester trop beau pour être vrai. Je trouve que William Hurt avait cette aspérité sur les traits du visage qui faisait de lui l’incarnation du Rochester de Charlotte Brontë. Michael Fassbender est un très bon comédien, son interprétation m’a beaucoup touchée, l’intensité de son regard rend sa présence bien réelle à l’écran, mais je m’imaginais un Rochester est plus brut, plus dur, il s’attendrit vite ici.

Je vous encourage vivement à vous précipitez dans la salle de cinéma la plus proche de chez vous pour voir ce magnifique film signé Cary Fukunaga. Courez, Léontine’s readers, courez…

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Leonora Galloway et sa fille Penelope sont anglaises. Elles arrivent ensemble dans la Somme dans les années 90, pour se recueillir dans un mémorial dédié aux soldats tombés au front pendant la Première Guerre mondiale. C’est là que le père de Leonora est mort, en 1916. Le problème, c’est qu’elle est née en 1917, plus de 9 mois après la mort de son père. Commence alors pour les deux femmes un voyage dans le temps, à la rencontre d’une famille rongée par les secrets, les non-dits, les mensonges…

J’ai choisi ce livre dans ma PAL car une amie l’avait lu et qu’elle m’en avait dit beaucoup de bien. Quand on a autant de livres à lire que moi, on revoit forcément ses priorités au gré des lectures des autres, selon leurs commentaires positifs ou négatifs. Je remercie donc Murielle d’avoir fait avancer ce roman de quelques crans dans ma PAL et ainsi, de m’avoir fait découvrir un texte qui restera sûrement longtemps dans ma mémoire.

En effet, j’ai beaucoup aimé cette lecture. D’abord, parce que c’est un volume imposant et que, lorsque c’est justifié, j’adore les gros romans. Ici, l’auteur a besoin de temps pour installer la situation, cela est nécessaire pour comprendre toutes les implications du passé et du présent dans le futur des personnages. De plus, j’adore la période historique choisie pour servir de cadre au roman. La Première Guerre mondiale est une tranche de l’histoire qui me fascine, c’est elle qui fait entrer le monde dans la période dite « contemporaine » et elle est responsable de bien des évènements du XXème siècle. Même si l’on est bien dans un roman, le contexte historique est ici primordial. En outre, j’ai eu l’impression de retrouver la plume tant aimée de Sarah Waters, notamment dans la façon de décrire les demeures, le caractère des personnages, et aussi dans la manière d’imbriquer les époques, les destins et les secrets. Ce n’est pas aussi virtuose que dans Du bout des doigts ou Caresser le velours, mais l’atmosphère des manoirs anglais, des familles rongées de l’intérieur, m’ont souvent évoqué mon auteur préférée.

Je vous conseille donc vivement cette lecture, chers Léontine’s readers, qui vous fera passer un excellent moment.

Je vous livre deux extraits qui m’ont particulièrement marquée. Le premier sur la lecture : En général, les après-midi où il faisait beau, Leonora prenait le thé dans la véranda, en compagnie de son chat, de ses livres et de ses pensées. Le deuxième, je vous en fait part car il me rappelle une discussion très passionnée que j’ai eu avec une connaissance, à propos de la guerre et de ses ravages. Je sais qu’elle ne passera pas par ici, mais j’aurais bien voulu qu’elle lise ceci : J’ai servi à Cuba, en 1898, sous les ordres de Roosevelt, et j’ai appris tout ce que j’avais besoin de savoir à propos de la guerre. La gloire pour les généraux et la mort pour ceux qui les servent loyalement ! Jouer au petit soldat ne rapporte strictement rien. Le silence s’installa. Nous étions gênés, moins par la franchise de Montpesson que par la pertinence de sa remarque. Nous pouvions difficilement répliquer, faisant encore semblant de croire au devoir patriotique.

Robert Goddard, Par un matin d’automne, Le livre de poche, impr. 2011, 542 pages


… il s’agit de la taille de mon ticket de caisse en sortant de la librairie ce midi, n’allez pas imaginer autre chose…

Moral en berne, mes pas m’ont menés vers mon libraire préféré. J’avais des envies précises, j’avais aussi envie de piocher, de fouiner, de laisser mon regard glisser sur les travées. Au final, je suis ressortie avec ça :

  • La mort s’invite à Pemberley de P.D. James
  • Tout le cimetière en parle de Marie-Ange Guillame
  • Les raisons du coeur de Mary Wesley
  • Les dix femmes de l’industriel Rauno Rämekorpi d’Arto Paasilinna
  • Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison d’Arto Paasilinna
  • Jack l’Epate et Mary pleine de grâce de Joseph Connolly

De longues heures de lecture devant moi, mais qui bouleversent mes plans de l’été, puisqu’ils intègrent ma PAL resserrée ! Je ne vais pas m’en sortir, de cette histoire, croyez-moi ma bonne dame !!!

Niveau dépense, j’ai assuré. Jugez plutôt : ma librairie note sur une carte de fidélités le montant de vos achats. Au bout de dix achats, elle calcule combien vous avez dépensé, et 5 % de ce total est déduit de votre 11ème achat. J’ai donc « économisé » 15.70€ aujourd’hui. Formidable, isn’t it ? Je me sens moins coupable en tout cas. Combien de temps, c’est une autre histoire. Cependant, notez que le slogan de mon libraire est « Prescripteur de saines addictions ». A bon entendeur…


Comme vous avez pu le remarquer, chers Léontine’s readers, ma PAL est, comment dire… gargantuesque !

Or, dans trois semaines, je pars en vacances chez mes parents, loin de mon domicile, avec une voiture assez riquiqui, et ce, pour quatre semaines. Il va donc falloir penser à piocher dans ma PAL pour n’emporter que le nécessaire. Seulement, je n’arrive pas à déterminer à combien se monte le nécessaire !

C’est là que vous intervenez, chers lecteurs, et que vous allez pouvoir me donner votre avis. Je vais vous faire part de ma PAL « resserrée », et vous allez me dire si certains titres vous ont marqué, pourquoi, bref, vous allez jouer les conseillers très spéciaux. Roulements de tambours… La voici, la voilà, la PAL de l’été (ou presque) :

  • Kate Atkinson : La souris bleue, Les choses s’arrangent mais ça ne va pas mieux, A quand les bonnes nouvelles, Parti tôt, pris mon chien
  • Rachel Cusk : Arlington Park
  • Diane Setterfield : Le treizième conte
  • Marcus Zusak : La voleuse de livres
  • Randy Susan Meyers : L’impossible pardon
  • Arnaud Le Guilcher : En moins bien, Pas mieux
  • Elizabeth Strout : Olive Kitteridge
  • Valérie Saubade : Miss Sweetie
  • Carl-Johan Vallgren : Les aventures fantastiques d’Hercule Barfuss
  • Natasha Solomons : Jack Rosenblum rêve en anglais
  • Tom Rachman : Les imperfectionnistes
  • Lynne Griffin : La douleur de l’absence
  • J. Courtney Sullivan : Les débutantes
  • Robert Goddard : Heather Mallender a disparu
  • Tom Rob Smith : Enfant 44, Kolyma
  • Willa Marsh : Meurtres entre soeurs
  • Victor Cohen Hadria : Les trois saisons de la rage
  • Julia Gregson La fiancée de Bombay
  • Elin Hilderbrand : L’été sauvage, Pieds nus
  • Giuseppina Torregrossa : Les tétins de Sainte Agathe
  • Federico Moccia : Amore 14, J’ai failli te dire oui
  • Sorj Chalandon : Mon traître
  • Marc Dugain : L’insomnie des étoiles, Une exécution ordinaire
  • Eva Rice : L’amour comme par hasard
  • Daniel Glattauer : Quand souffle le vent du nord, La septième vague
  • Tessa de Loo : Les jumelles
  • Kim Edwards : L’enfant de tous les silences
  • Tonino Benacquista : Malavita encore
  • Marisa De Los Santos : Mes chères voisines
  • Nick Hornby : Juliet, naked
  • Jojo Moyes : Sous la pluie
  • Hélène Grémillon : Le confident
  • Delphine Bertholon : Twist
  • Julia Glass : Louisa et Clem
  • Sue Townsend : La reine et moi
  • Laurent Binet : HHhH
  • Gillian Flynn : Les lieux sombres
  • Jonas Jonasson : Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire
  • Marina Lewycka : Une brève histoire du tracteur en Ukraine
  • Carin Gerhardsen : La maison en pain d’épices
  • Mary Wesley : Rose, Sainte nitouche
  • William Sutcliffe : Une semaine avec ma mère

Et voilà, 51/987. Je ne lirai pas tout cela, je ne peux même pas tout emporter sur mon lieu de vacances, alors je compte sur vous pour m’éclairer.

Merci d’avance, chers Léontine’s readers !


Chers Léontine’s readers,

pour la deuxième fois ce mois-ci, j’ai décroché un entretien d’embauche. Je cherche à changer de poste.  Le premier entretien n’a abouti à rien, mais cette fois-ci, je pense avoir mes chances.

Je vous en dirai plus ce soir, quand je rentrerai.

Si vous pouviez avoir une petite pensée pour moi, ce jour, je suis sûre que ça m’aiderait ! D’avance, merci.

Bonne journée à tous !


En ce 22 juillet, une petite vidéo d’une chanson de Vincent Delerm que j’adore. Le chanteur et la chanson. Je voulais vous faire partager ce titre demain, 23 juillet, car c’est la date évoquée dans la chanson, mais demain, je vous parle d’un petit évènement de ma vie à moi.

Elle nous évoque quelque chose à tous, nous qui sommes des lecteurs compulsifs. Elle m’accompagne dans ma vie de lectrice, je m’imagine sur les quais du centre de Paris, au bord de la Seine, fouillant dans les étals des bouquinistes. En réalité, quand j’habitais Paris, je passais devant sans oser y toucher, mais je me promenais quand même souvent dans ce quartier pour observer les gens, les touristes, la vie des bords de Seine. J’avais un peu l’impression d’être chez moi, sans trop pouvoir expliquer pourquoi.

Mais cessons les palabres. Ecoutez plutôt… (normalement, ça fonctionne)

Vincent DELERM, Quatrième de couverture


Emma est libraire à Berlin. Elle est mariée et a deux enfants, Fée et Max. Sa vie ne la satisfait plus : sa librairie périclite, ses relations avec son mari se résument à « Bonjour Bonsoir ». Quant à sa fille adolescente, elle crie plus qu’elle ne parle. Sur les conseils d’une amie perdue de vue depuis bien longtemps, Emma se rend à une soirée à laquelle Stephenie Meyer pour la faire venir dans sa librairie et ainsi créer l’évènement. Elle demande à sa famille de la soutenir, de se déguiser en monstres et de l’accompagner à la soirée. Evidemment, c’est un échec, doublé d’une malédiction lancée par une vieille sorcière croisée dans la rue. Il va leur falloir traverser bien des épreuves pour retrouver apparence humaine.

Depuis ma lecture de Maudit Karma, je lis chaque roman que sort David Safier car je l’avais adoré. Le problème, c’est que son travail est en dents de scie. Ainsi, sur ses quatre romans, le premier était super, le deuxième Jésus m’aime m’avait déçue, le troisième Sors de ce corps, William ! dont le héros était Shakespeare m’avait beaucoup plu. Malheureusement Sacrée famille ! est un mauvais cru à mes yeux.

Il n’y a rien de crédible, à aucun instant. Vous me direz, une famille victime d’une malédiction, dont les membres se transforment en vampire, en loup ou en momie, ce n’est déjà pas une situation crédible. Je l’admets. Mais dans Maudit karma, la réincarnation de l’héroïne en fourmi n’était pas non plus un point de départ crédible et pourtant David Safier avait réussi à en faire un roman touchant et sensé. Ici, les sentiments ont l’air forcé, les paroles de réconfort sonnent creux, on n’a pas l’impression d’avoir une vraie famille en face de nous, ni quand elle se déchire, ni quand elle est unie. Les retournements de situation sont abracadabrants, bâclés dans l’écriture.

Je me suis promis de ne pas céder à la tentation la prochaine fois : je n’achèterai pas le nouveau titre de l’auteur dès qu’il sortira, j’attendrais que la médiathèque l’achète. Ou qu’il sorte en poche. Ou pas… Les règles sont faites pour être contournées !