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Archives mensuelles : août 2012

Comme vous le savez (ou pas d’ailleurs mais désormais ce sera chose faite) Olivier Adam est mon auteur chouchou. Dès qu’il sort un nouveau roman, je me précipite  en librairie. Je pensais donc me précipiter le 22 août dernier, je me demandais juste si je pouvais me présenter à l’ouverture des librairies ou s’il valait mieux attendre l’après-midi pour ne pas avoir l’air d’une droguée en manque. Comme l’auteur habite à proximité, la presse locale avait fait paraître de nombreux articles qui me donnaient LES adresses des librairies qui auraient à coup sûr le livre en rayon. Vous riez, je vous entends derrière votre écran, mais depuis je suis allée dans une librairie qui ne l’avait pas. Je ne dénoncerai pas mais je ne félicite pas les libraires de Dinan (ils ne sont pas aimables, je n’ai aucun scrupule). Comment s’est terminée mon « aventure » ? (oui parce que je suis bien gentille avec mes digressions mais vous aimeriez bien avoir le fin mot de l’histoire tout de même !). Et bien, elle n’eut jamais lieu. Imaginez plutôt…

Nous sommes le lundi 20 août, soit deux jours avant la sortie officielle du roman. Nous sommes rentrés prématurément de vacances la veille, écrasés par les 39 degrés rencontrés en Corrèze et dans la Vienne. Un peu hébétés, un rien déçus par notre retour précipité, ma mère nous propose de nous rendre dans une grande chaîne de produits culturels pour y chercher un guide touristique qui nous mènerait vers des contrées moins hostiles. Et là, quelle ne fut pas ma surprise de voir des piles et des piles des Lisières, avec la photo de son auteur placardée sur le bandeau promotionnel de l’éditeur. Je me suis empressée d’en saisir deux exemplaires (un pour l’offrir à ma mère et un pour moi) sans demander mon reste, au cas où l’on m’aurait interpellée pour que je les repose « Et toi, là-bas ! Rends les livres, ils sont juste en présentation, la sortie officielle, c’est après-demain ». Mais non, on ne m’a pas poursuivie à travers tout le magasin. J’ai même demandé comment il était possible que Les Lisières soient déjà mis en vente, mais personne ne m’a répondu de façon claire.

Je n’ai tenu qu’une soirée à la tentation avant de lâchement abandonner ma lecture en cours, La dernière conquête du Major Pettigrew de Helen Simonson, pour commencer le nouveau roman d’Olivier Adam.

Son héros, Paul, a quitté la banlieue parisienne où il a grandit pour la Bretagne, avec sa femme Sarah et leurs enfants Manon et Clément. Il n’a eu aucun mal à rompre tout lien avec sa jeunesse et a le sentiment de revivre au bord de la mer. Mais quand s’ouvre le récit, Sarah l’a quitté, elle habite désormais leur maison, avec leurs enfants, sans lui. Il les regarde vivre en oubliant presque, lorsqu’il raccompagne ses enfants chez leur mère, qu’il n’a plus le droit de l’embrasser sur la bouche comme avant, qu’il n’a plus le droit de se glisser derrière les fourneaux ni de dormir dans la chambre conjugale. L’hospitalisation de sa mère l’oblige à quitter son nouveau lieu de vie et à regagner les lieux de son enfance, à affronter son père et son frère, qui lui reprochent tous les deux son éloignement.

J’ai essayé de lire ce roman sans précipitation, en savourant les mots, car l’écriture d’Olivier Adam, si elle n’est pas alambiquée, se mérite, ne souffre pas la vitesse excessive. De plus, c’est la première fois qu’il livre un volume conséquent (454 pages) alors qu’il nous avait habitué à de plus petits livres (environ 250 pages au maximum) qui m’incitaient, personnellement, à vouloir tourner les pages de plus en plus vite pour connaître le fin mot de l’histoire. Ici, le volume impose de prendre son temps. Encore une fois, j’ai beaucoup apprécié le style, l’écriture, la manière de faire parler les personnages et surtout l’idée que l’être humain peut être défaillant, n’est pas un super héros mais a aussi des périodes sombres et douloureuses. J’ai aimé les nuances du narrateur, pour lequel j’ai éprouvé de l’empathie quand il se voit mettre à la porte de sa propre vie de famille (quelle que soit ses responsabilités dans l’affaire) mais aussi de l’agacement, notamment quand il se comporte légèrement avec Sophie (je reste vague pour ne pas trop en dévoiler si vous avez prévu de lire Les Lisières). Ce que j’ai le plus aimé dans ce roman, c’est la face sociale qu’il expose. Le narrateur est confronté à ses amis de jeunesse, à leur travail, à leur incompréhension devant son métier d’écrivain qui est parti vivre au bord de la mer, qu’ils considèrent donc perpétuellement en vacances. Ils ne peuvent pas croire qu’il comprenne leur réalité à eux, faite de fins de mois difficiles, de peur de l’autre, d’enfermement social.

Toutefois, le « secret de famille » découvert par le narrateur censé expliquer son mal être et sa dépression depuis l’enfance m’a paru artificiel, je n’ai pas du tout cru à ce qui m’apparaît comme un stratagème littéraire. C’est peut-être un terme trop fort, mais j’ai vraiment eu cette sensation. La fin également m’a semblé trop facile, trop impossible aussi. Sarah n’était pas dans la position de rendre la vie aisée à Paul, et ce qui est envisagé est pour moi plus qu’improbable.

Me reste un sentiment mitigé, ce que je déteste quand je referme un livre, car j’en ai aimé la globalité, mais les nuances que j’apporte m’apparaissent trop fortes pour dire que j’ai adoré. C’est un très bon roman, dont l’écriture m’a impressionnée, mais l’oeuvre majeure d’Olivier Adam restera pour moi Les vents contraires, qui alliaient style et histoire magistralement.

Bien sûr, je vous recommande cette lecture de toutes mes forces. Encore une fois, merci Monsieur Adam. Au plaisir de, peut-être, vous rencontrer à S.-M.

Olivier Adam, Les Lisières, Flammarion, DL 2012, 454 pages


Elsa Préau est une ancienne directrice d’école à la retraite. Elle s’ennuie dans sa grande maison, et observe la vie de ses nouveaux voisins depuis sa fenêtre. Elle voit trois enfants dans le jardin, deux qui jouent ensemble et un qui reste dans son coin sous un arbre, l’air triste, visiblement maltraité. Elle décide de partir en croisade pour sauver ce petit garçon.

J’ai eu envie de lire ce roman après avoir lu plusieurs avis séduits sur la blogosphère. J’étais intriguée par le thème par le thème et la quatrième de couverture renforçait cette impression.

Je serai moins enthousiaste que mes prédécesseurs, mais je suis tout de même admirative de la façon dont a été menée l’intrigue. Le doute subsiste jusqu’au bout : Elsa Préau est-elle retombée dans une folie encore plus abyssale que la précédente ou peut-elle vraiment sauver un enfant en danger ?

Dès que j’avais un instant libre, je me replongeais dans cette lecture pour essayer de dénouer les fils, qui s’emmêlaient toujours un peu plus. Pour résumer ce qui subsiste de ce roman deux semaines après l’avoir terminé je dirais : froid dans le dos, même avec 39° (température à Oradour-sur-Glane où j’ai achevé cet ouvrage !)

Je pense que je surveillerai une éventuelle nouvelle parution de cet auteur avec attention.


Julie est une jeune femme de vingt-huit ans, célibataire, qui n’apprécie pas tellement son travail à la banque mais est entourée d’amis fidèles. Elle fonde beaucoup d’espoir sur l’arrivée d’un  nouveau voisin, Ric, dont elle fait la connaissance alors qu’elle a la main coincée dans sa boîte à lettres en essayant d’espionner les expéditeurs de son courrier.

J’ai beaucoup apprécié ce roman qui m’apparaissait facile et léger avant d’entamer ma lecture, mais qui dégage une réelle profondeur. La narratrice est touchante même dans ses maladresses et elle a un côté charmant qui agit instantanément. C’est vrai que sa rencontre avec Ric et la suite de leur relation est quelque peu attendue, mais ce que Julie est capable d’accomplir par amour comme pour ses amis me l’ont rendue sympathique et attachante. Je dois bien avouer que je ne pensais pas un homme capable d’écrire aussi bien sur une jeune femme et de rentrer dans sa peau pour la rendre aussi réelle et crédible.

Une lecture fort agréable entamée pendant mes tout derniers jours de travail mi-août, qui me les a rendu plus supportables !

Je vous livre un petit extrait qui m’a rappelé quelqu’un… « Vingt-neuf ans, ça fait réfléchir. Presque trente ans. Les premiers bilans, déja des routes dépassées que l’on ne peut plus prendre. On commence à subir les conséquences des choix d’avant. On se rend compte que d’autres jeunes, encore plus jeunes que nous, poussent déjà derrière. Je me cramponne au chiffre. Il me reste encore un an avant de paniquer. »


Bonjour à tous, chers Léontine’s readers,

je suis en vacances depuis quelques jours, j’ai d’ailleurs fini un roman et j’en ai commencé un autre qui va être vite avalé, mais je vous écris surtout pour vous dire que demain, je pars en camping-car pour une douzaine de jours, sans connexion internet, bien sûr.

Je vous demande donc d’être patients et bienveillants pendant mon absence et je vous promets des photos et mille anecdotes à mon retour.

Bonne lecture à tous !


Dans une heure, je serai officiellement en vacances. Je filerai chez moi chercher mes bagages et mon chat, et en route pour l’aventure… jusqu’à Saint Malo dans un premier temps !

Voici ce que j’ai décidé d’emporter avec moi pour quatre semaines hors de mon domicile, je le rappelle, dont deux semaines en camping-car :

  • La maison en pain d’épices de Carin Gerhardsen, 335 p.
  • Le goût des pépins de pomme de Katharina Hagena, 286 p.
  • Eleanor Rigby de Douglas Coupland, 299 p.
  • Le temps des métamorphoses de Poppy Adams, 377 p.
  • Jack Rosenblum rêve en anglais de Natasha Solomons, 430 p.
  • L’enfant de tous les silences de Kim Edwards, 534 p.
  • Le manoir de Tyneford de Natasha Solomons, 445 p.
  • La reine et moi de Sue Townsend, 319 p.
  • Meurtres entres soeurs de Willa Marsh, 252 p.
  • Une brève histoire du tracteur en Ukraine de Marina Lewycka, 351 p.
  • Le diable danse à Bleeding Heart Square de Andrew Taylor, 481 p.
  • La mort s’invite à Pemberley de P.D. James, 393 p.
  • Persuasion de Jane Austen, 354 p.
  • Des adhésifs dans le monde moderne de Marina Lewycka, 506 p.
  • Les débutantes de J. Courtney Sullivan, 517 p.
  • Enfant 44 de Tom Rob Smith, 519 p.
  • La douleur de l’absence de Lynne Griffin, 403 p.
  • La pelouse de camomille de Mary Wesley, 383 p.
  • Comme ton ombre de Elizabeth Haynes, 459 p.
  • La dernière conquête du Major Pettigrew de Helen Simonson, 492 p.
  • Refaire le monde de Julia Glass, 764 p.
  • Demain j’arrête ! de Gilles Legardinier, 345 p.
  • Bons baisers de Cora Sledge de Leslie Larson, 377 p.
  • L’enfant aux cailloux de Sophie Loubière, 365 p.
  • Angelica de Arthur Phillips, 470 p.
  • La séance de John Harwood, 359 p.

Je sais bien que je ne lirai pas tout cela, mais j’aime avoir du choix, et croyez-moi, cette liste a été pensée, repensée, décortiquée… Bref, je suis folle !

Il y aura au moins un achat pendant cette période : Les lisières, le nouveau roman d’Olivier Adam, mon auteur chouchou, dont je suis une lectrice inconditionnelle. J’ai d’ailleurs demandé expressement au chauffeur du camping-car (mon père) de s’arranger pour que nous soyons dans une ville dotée d’une librairie le 22 août, jour de parution du livre, et non pas en rase campagne, perdus dans les volcans d’Auvergne. Merci d’avance. Je n’ai pas eu de réponse, juste un soupir qui voulait dire « Au secours, je n’ai rien fait pour mériter cela ! »

J’attaque cette PAL par « Demain j’arrête ! » de Gilles Legardinier, désigné par tirage au sort par ma main innocente.


Allan Karlsson décide de s’enfuir de la maison de retraite dans laquelle il vit le jour de son centième anniversaire. En effet, il n’a aucune envie de célébrer cet évènement avec Soeur Alice, les journalistes locaux et autres vieillards en fauteuil roulant. Commence alors une cavale pendant laquelle des aventures toutes plus incroyables les unes que les autres vont se déclencher sur son passage. Parallèlement, la vie d’Allan depuis son enfance nous est narrée.

Quand ce livre est paru aux Presses de la cité, je n’avais pas été attirée par cette histoire. Mais au fil du temps, je n’ai pu que constater l’engouement pour ce livre, notamment parce que les quatre exemplaires du réseau des médiathèques pour lequel je travaille étaient réservés en permanence. Alors, quand il est sorti en poche, je me suis laissée tenter, conformée dans mon achat par mon amie-collègue Sandrine qui l’avait beaucoup aimé et l’offrait aux gens de son entourage.

J’ai bien conscience que mon avis n’est qu’un avis de plus dans la forêt de critiques qui existe déjà, mais je sais de source sûre qu’une certaine lectrice ne vient que sur ce blog (n’est-ce pas maman ?). Le problème des livres dont on a beaucoup entendu parler et qu’on lit après tout le monde, c’est qu’on les place très haut, et qu’on peut être assez déçu. Ce fut mon cas avec ce roman. Bien sûr, j’ai passé un agréable moment de lecture, mais par moment, celle-ci m’a paru tout de même très laborieuse. Je n’en pouvais plus des explosions, des quiproquos, des retournements de situation improbables. Cela donne un charme à l’ensemble pendant quelques chapitres, mais trop c’est trop. J’ai apprécié l’écriture de Jonas Jonasson, mais les personnages sont d’un seul bloc, il y a peu de place pour la nuance. Certaines rencontres sont très bien amenées (je pense à Herbert Einstein), il y a des passages assez drôles, mais j’étais assez fatiguée en arrivant au bout de ma lecture, et j’avais hâte de passer à autre chose.

Jonas Jonasson, Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire, Pocket, impr. 2012, 507 pages


Je suis abonnée au magazine culturel Télérama depuis de longues années maintenant, depuis que j’ai commencé à préparer les concours de la fonction publique. J’aime beaucoup lire leurs critiques cinéma, musique et livre, mais ce que j’aime par-dessus tout, ce sont les critiques télévision car quand les journalistes se lâchent, généralement, leurs propos sont savoureux.

Hier soir, j’avais envie de regarder le documentaire sur la reine Christine de Suède, car je ne connaissais pas du tout son règne. Mais le présentateur de l’émission n’est autre que Stéphane Bern, et je me méfie de la qualité assez inégale de ses reportages. J’ai donc lu l’avis de Télérama, ce qui m’a valu un bon fou rire :

« […] Quand Stéphane Bern nous mène au palais royal de Stockolm et  s’aventure , lampe torche à la main, dans des sous-sols pourtant bien éclairés où les caméras, promet-il avec gourmandise, ne pénètrent jamais, grande est la tentation de l’y abandonner. » François Ekchajzer

Effectivement, je peux confirmer que le sous-sol était très bien éclairé et que la lampe torche était superflue. Et compte tenu de la scénographie des couronnes exposées, peut-être que les caméras ne sont pas les bienvenues, mais les visiteurs, si. Toutefois, j’ai quand même appris des choses sur Christine de Suède, ce qui était le but premier. La semaine prochaine, l’émission porte sur Henri IV, mais il me esmble que ce n’est pas un numéro inédit.

J’ai hâte de rentrer chez moi ce soir, d’ouvrir ma boîte aux lettres, et de dévorer les critiques télé de mon magazine culturel préféré !