Livres. Films. Musique

Archives mensuelles : septembre 2012

Damien (Jean-Pierre Bacri) est professeur de civilisation chinoise. Il vit avec sa femme Iva (Kristin Scott-Thomas) et leur fils Noé dans un confortable appartement parisien. Mais un jour, sa femme lui demande de joindre son père pour lui demander d’intervenir en faveur d’une sans papier sous le coup d’un arrêté d’expulsion. Le problème, c’est qu’entre Damien et son père (Claude Rich), les relations sont difficiles. Sébastien Hauer est président au Conseil d’Etat et n’a que peu de temps à consacrer aux autres.

J’ai vu ce film hier soir, dans une salle essentiellement constituée de séniors. Est-ce à cause du réalisateur qui n’attire pas les jeunes ? C’est une erreur car ce film est assez léger malgré un sujet qui peut paraître grave. Il est surtout le prétexte à des rencontres, des quiproquos, des jeux de langage, pas à un mélodrame qui nous empêche ensuite de dormir.

J’ai trouvé le film moyen dans son ensemble, mais bourré de pépites disposées ça et là dans la narration. Au niveau de l’interprétation, mention spéciale à Jean-Pierre Bacri et au jeune homme qui joue son fils, Marin Orcand Tourres. Leur mode de communication est assez conflictuel, mais Noé tient à ce que son père « vienne l’éteindre » avant de dormir. La fraîcheur d’Isabelle Carré est communicative et bien agréable dans une atmosphère un peu sombre parfois. Une scène m’a fait beaucoup rire (je ne pouvais pas rire à gorge déployée car le public autour de moi n’était pas très réceptif), un quiproquo entre Damien et un jeune serveur japonais du nom de Satoshi. Je n’en dis pas plus, je ne veux pas déflorer le comique de la situation.

J’espère que je vous aurais donné envie de filer dans une salle obscure pour déguster ce film.

Cherchez Hortense, un film de Pascal Bonitzer avec Jean-Pierre Bacri, Kristin Scott-Thomas, Isabelle Carré… 2012, 1h40

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Juliette a 29 ans, elle élève seule sa soeur Alice, 15 ans, et son fils Adrien 10 ans. Ils vivent à Paris, mais cette vie ne satisfait plus Juliette, toujours pressée, toujours stressée. Alors, quand elle est licenciée du journal pour lequel elle travaille, elle fait le pari fou de s’installer dans le Gers, près de son amie Sarah, avec laquelle elle ouvre l’agence Changer Tout qui a pour but d’offrir une nouvelle vie aux personnes qui leur en feront la demande.

Comme à chaque fois chez Lorraine Fouchet, j’ai été séduite par la multitude de personnages rencontrés, qui forment une communauté. Ils ne vivent pas les uns à côté des autres mais bien ensemble, chacun créant son lien propre avec l’autre. L’héroïne, Juliette, est touchante, et je n’ai pas pu m’empêcher de m’identifier à elle car nous avons le même âge : est-ce que j’aurais pu assumer un enfant aussi jeune, puis recueillir ma soeur à la mort de mes parents, dont je me sens reponsable, et enfin repartir du bon pied après un licenciement ? Je ne crois pas ! C’est un peu se que je reprocherais à ce roman, l’accumulation des épreuves et des quiproquos qui se résolvent d’eux-mêmes très facilement. Par exemple, un adolescent extrêmement timide et complexé n’ose pas aborder une jeune fille, il est vraiment coincé et en panique, mais il suffit qu’il joue du saxophone et l’affaire est dans le sac ! Ce n’est d’ailleurs qu’un exemple parmi d’autres.

Mais la magie de Lorraine Fouchet opère malgré tout, elle est passée maître dans l’art de m’emporter dans ses histoires, quel qu’en soit le sujet, et je l’en remercie. Ce livre a accompagné mes derniers jours de vacances, il m’a aidé à passer le difficile cap du « je-dois-rentrer-seule-dans-un-appartement-vide-après-avoir-vécu-quatre-semaines-en-famille ». Peut-être parce qu’il a insufflé chez moi aussi l’envie de « Changer tout« …

Merci à Mamounette de m’avoir prêté son exemplaire du roman.

Lorraine Fouchet, L’agence, éd. France Loisirs, DL 2004, 345 pages


Quand s’ouvre le film, Murielle (Emilie Dequenne) et Mounir (Tahar Rahim) s’embrassent passionnément. On assiste à la naissance de leur histoire d’amour, et tout s’enchaîne naturellement : la présentation de la jeune femme au père adoptif (Niels Arestrup) de Mounir, l’installation du jeune couple, la demande en mariage. Mais une chose dérange assez vite, c’est la dépendance affective et financière qui lie Mounir au docteur Pinget. Certes, ce dernier l’a adopté quand il était enfant, mais il s’est aussi marié avec sa soeur pour lui fournir des papiers belges. Il insiste pour que le jeune homme habite chez lui, même une fois marié, pour qu’il travaille avec lui. Petit à petit, Murielle se laisse enfermer dans une vie de femme soumise, ce qui va l’entraîner vers une pente fatale.

J’ai beaucoup aimé ce film, basé sur un fait divers qui a eu lieu en Belgique en 2007. C’est d’autant plus angoissant que l’on se dit que cela pourrait arriver à n’importe qui. Les acteurs sont très bons, très crédibles chacun dans leur partition. La réalisation est assez classique, mais la caméra se place parfois au plus près des personnages et c’est là que l’on comprend comment les protagonistes peuvent basculer du côté obscur.

C’est un bon film que je vous recommande, mais attention à l’angoisse que peut générer le sujet traité ici.

Joachim Lafosse, A perdre la raison, 1h51, 2012, avec Emilie Dequenne, Tahar Rahim, Niels Arestrup…


Ernest Pettigrew est veuf. Il habite un petit village typiquement anglais, Edgecombe St. Mary. Son fils est grand, il a des amis avec lesquels il joue au golf. Il s’ennuie un peu dans sa maison mais heureusement, il se lie d’amitié avec Mme Ali, l’épicière pakistanaise du village. Toutefois, cette bonne entente est mal vue par le reste de la communauté, ce qui contrarie fort le Major.

Qu’est-ce que je me suis ennuuuyyyyééééeee ! Qu’est-ce que c’est loonnng ! En arrivant à la fin de ce roman, j’ai eu l’impression d’avoir couru un marathon. Pourtant, c’était bien parti, surtout que j’avais vraiment envie de le lire, cet ouvrage-là. Au début, les manières précieuses d’Ernest Pettigrew m’avait séduite, je le trouvais très attachant et sympathique. J’ai adoré son humour pince-sans-rire : L’enterrement était fixé pour mardi. « Apparemment, cela convenait à presque tout le monde, expliqua Marjorie à son deuxième appel. Jemima a son cours du soir les lundis et les mercredis, et j’ai un tournoi de bridge jeudi soir. -En effet, Bertie aimerait que tu n’y renonces pas », lui répondit le major[…] On a envie de défendre sa relation naissante avec Jasmina Ali, envers et contre tous, surtout quand son fils s’en mêle, alors qu’il est lui-même en plein déboires amoureux.

Mais vient un moment où trop, c’est trop, où les bonnes manières ampoulées deviennent agaçantes, où l’atmosphère surannée devient étouffante. « L’action » s’étire, se développe, prend des contournements, au point que j’avais hâte que tout cela se termine. Peut-être que je n’aurais pas dû interrompre ma lecture en cours de route pour lire Les Lisières.

Une déception réelle donc, d’autant plus que j’avais envie d’aimer ce roman, qui me semblait aussi prometteur que Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates en son temps. Dommage !

Helen Simonson, La dernière conquête du Major Pettigrew, NIL éditions, impr. 2012, 492 pages.


Vous l’attendiez, le voilà, le bilan de mes lectures pour août.

Voici la liste de mes lectures, les commentaires viennent ensuite :

Cinq romans et un recueil de nouvelles, soit 2270 pages, ce qui est plus que le mois dernier. Il faut dire que je suis en vacances depuis trois semaines, il est donc logique que j’ai plus lu. En termes qualitatifs, on peut noter une grosse déception (La dernière conquête du Major Pettigrew), un titre enthousiasmant auquel je ne m’attendais pas (Demain j’arrête !), un roman de la rentrée littéraire qui a tenu ses promesses d’écriture (Les Lisières), un suspens haletant (L’enfant aux cailloux), l’aventure d’un centenaire drôle mais trop longue (Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire) et un recueil de nouvelles qui ne m’inspire pas de chronique (Tout le cimetière en parle).

Je ne sais pas encore à quoi m’attendre en septembre, je vais retrouver l’intégralité de ma PAL en rentrant chez moi dans quelques jours, et là, qui sait quel comportement je vais adopter face à tant de livres réunis en un seul lieu ?

Au mois prochain, pour un nouveau bilan livresque…