En 1938, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Bénédicte Drot entre au service des Treives en tant que gouvernante. Elle devra gérer le fonctionnement de cette maison bourgeoise du XVIIème arrondissement de Paris, dont les habitants sont des marchands d’art juifs, ce qui lui pose un problème de conscience dans la mesure où elle est issue d’une famille catholique, conservatrice et militaire.

J’ai été attirée par ce texte car il a été adapté pour la télévision il y a quelques années. Le rôle titre était interprété par Louise Monot, une actrice que j’aime beaucoup. J’avais un peu relégué ce roman dans les tréfonds de ma mémoire, mais en rangeant les rayonnages de la médiathèque un dimanche après-midi, je suis tombée en arrêt devant ce titre avec l’envie de le lire, enfin.

Vous serez d’accord avec moi, il est toujours gênant de lire un roman après en avoir vu l’adaptation. J’aime bien visualiser les personnages et forcément, Mademoiselle Drot avait les traits de Louise Monot et Madame Treives ceux de Mélanie Bernier. Une fois cet obstacle passé, j’ai savouré ma lecture car l’écriture d’Hélène Millerand est très belle, elle coule, limpide et n’est jamais heurtée, même quand les personnages sont dans la tourmente. A bien des égards, l’héroïne n’est pas quelqu’un que j’aurais aimé avoir pour amie : elle a des idées bien arrêtées sur la religion, sur ce qu’il convient de faire ou pas, sur qui sont les gens biens (certainement pas ses patrons en tout cas, au prétexte qu’ils sont juifs). Elle n’éprouve aucun sentiment pour sa fille alors qu’elle vénère le fils de ses patrons et est prompte au jugement. Mais elle est solide comme un roc, elle traverse toutes les tempêtes sans jamais s’écrouler. On peut s’appuyer sur son épaule solide pour se sortir de n’importe quelle situation.

J’ai beaucoup aimé ce roman très court (158 pages) même si je regrette d’avoir vu l’adaptation télévisée avant de le lire. On y découvre un destin de femme brisé qui essaie de tracer sa route parmi les hommes dans une France à la croisée des chemins. A découvrir, donc.

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