Livres. Films. Musique

Joséphine, un film d’ Agnès Obadia

JoséphineHier soir, ma copine Cécile m’avait invitée à profiter d’une invitation à une avant-première du film Joséphine, le rôle titre étant incarné par Marilou Berry. L’occasion de passer une bonne soirée entre filles, me disais-je.

Et j’avais raison ! Tout d’abord, dans le hall du cinéma, une chaîne de parfumerie du centre-ville proposait des échantillons, vous maquillait, vous parfumait… Mais comme je l’ai expliqué à la charmante hôtesse, je ne suis pas une vraie fille : je me ronge les ongles, le parfum me donne des laryngites et je déteste qu’on me tripote le visage. La pauvre a eu l’air un peu découragée, mais derrière moi, il y avait des femmes, des vraies, qui ne demandaient qu’à profiter des bienfaits de ces expertes du pinceau ! Quand enfin nous avons pu entrer dans la salle, une des responsables du cinéma a lancé un jeu pour nous faire gagner des places de cinéma ou autres parties de bowling. Pour avoir été la première à donner le nom de la réalisatrice du film, j’ai gagné deux places pour l’avant-première de… Wolverine. Oh joie, oh bonheur intense. Les supers héros ne me font aucun effet, et les films de supers héros m’ennuient profondément. Mais passons, et revenons à nos moutons.

Vous connaissez tous Joséphine, l’héroïne de bande dessinée créée par Pénélope Bagieu. Personnellement, et lisant très peu de bandes dessinées, mon choix se porte toujours vers ce type de personnages, une fille, la trentaine, qui nous parle de ses déboires amoureux et professionnels, et je trouve facile de s’identifier à la Joséphine version papier, ce qui est plus difficile avec la Joséphine version grand écran, car à mon sens, la réalisatrice en a fait un personnage beaucoup plus égoïste et qui attire moins l’empathie du spectateur. Mais si on arrête là la comparaison entre le livre et le film, alors je dois avouer que j’ai passé un très bon moment de cinéma. Les acteurs jouent plutôt juste, notamment Bérengère Krief, découverte dans Bref, épatante en meilleure amie nymphomane, et Mehdi Nebbou en patron timide, avec une personnalité attachante. Marilou Berry m’a beaucoup plue également, même si son personnage est à la limite de la caricature. Car si j’ai ri plus d’une fois à gorge déployée, on ne peux pas dire que ce film marquera de son empreinte l’histoire du cinéma : ça tombe bien, telle n’est pas son ambition. Le comique de situation est bien utilisé, souligné par une bande originale qui décoiffe.

Merci Cécile de m’avoir offert une bonne bouffée d’oxygène, une soirée entre filles qu’il faudrait renouveler. Surveillons bien les sorties cinéma de ces prochaines semaines, car j’en veux encore, des films pas prétentieux qui vous font passer un bon moment. Je n’ai pas pensé au travail une seule fois pendant 1h30, c’est assez rare pour l’écrire !

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S.T.A.R.#5 : le bilan

La semaine dernière s’est achevé la cinquième édition du S.T.A.R., organisé par Liyah. C’était ma première participation, je ne savais pas trop comment envisager un objectif de pages à lire, j’avais donc visé assez bas, 1450 pages. Et bien, je suis fière d’annoncer que j’ai doublé cet objectif en atteignant les 3189 pages lues.

Voici les titres lus pendant ce S.T.A.R. :

  • La nouvelle vie de Sophie S. de Lolly Winston (la fin seulement, je l’avais commencé avant le dévut du S.T.A.R.)
  • Stupeur et tremblements de Amlélie Nothomb
  • Ca déménage de Lucy-Anne Holmes
  • Dora Bruder de Patrick Modiano
  • Comme dans un film noir de Isabelle Alexis
  • L’embellie de Audur Ava Olafsdottir
  • Bon rétablissement de Marie-Sabine Roger
  • Cinquante nuances de Grey de E.L. James
  • L’amour sans le faire de Serge Joncour
  • Jours sans faim de Delphine de Vigan
  • Melissa et son voisin de Meg Cabot (je n’ai pas pu le terminer pendant le S.T.A.R.)

Comme vous pouvez le constater, oeil-de-lynx que vous êtes, j’en ai profité pour combiner ce défi avec mon Big Challenge, en lisant des titres issus de mon challenge maison.

Ce S.T.A.R. m’a vraiment motivée, j’ai beaucoup lu, mais maintenant, je souffre d’une panne de lecture inquiétante. Je n’ai envie de rien lire, je commence un roman, je décide que cela ne me plaît pas, je le repose, j’en commence un autre, et ainsi de suite. Il faut dire que je suis en pleine préparation d’un nouvel entretien pour un nouveau poste, et que cela m’occupe beaucoup l’esprit. Peut-être que vendredi soir prochain, tout rentrera dans l’ordre.

Let’s go !

Augustine – Alice Winocour

Quand le film s’ouvre, Augustine est employée comme servante dans une famille bourgeoise. Elle est prise d’un malaise assez spectaculaire en plein service, qui lui laisse tout le côté droit insensible, et notamment son oeil droit reste fermé. Elle va alors en consultation à l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière, pensant qu’on la soignerait. Le médecin qui l’examine décide de l’hospitaliser dans le service du docteur Charcot, qui en alors absorbé par ses recherches sur l’hystérie féminine.

Parce qu’elle fait une crise en présence de Charcot, celui-ci daigne enfin s’intéresser personnellement au cas d’Augustine. S’établit alors entre eux une relation étrange, tout d’abord sur le mode dominant/dominé, puis elle évolue vers un échange, une réciprocité.

L’action du film se déroule en novembre-décembre et la réalisatrice filme une nature sombre, presque hostile, notamment dans les jardins de l’hôpital, ce qui laisse une impression de froideur permanente, alors qu’Augustine aime les couleurs, Charcot le note dans ses comptes-rendus. Elle aime les rubans et les robes colorés, elle s’amuse avec le singe du docteur, elle est très vive malgré sa pathologie. J’ai trouvé ce travail sur les contrastes très intéressant, notamment l’opposition entre Augustine et la femme de Charcot, qui est une beauté froide et qui se sent menacé par cette patiente si particulière aux yeux de son mari. Celui-ci est un scientifique, il essaye d’analyser les réactions des malades de manière raisonnée, il observe des coupes de cerveaux pendant de longues minutes pour en déduire des vérités scientifiques, mais au contact d’Augustine, il perd parfois son sang froid et perd de sa rigidité, il est un homme comme les autres, qui éprouve des sentiments.

Le film est une critique de la façon dont on traitait les patients au XIXème siècle, ou en tout cas les femmes du peuple. Si Charcot s’intéresse autant au cas d’Augustine, c’est que celle-ci peut lui apporter la reconnaissance de ses pairs, plus particulièrement de ses messieurs de l’académie de médecine. Il obtiendra alors des subventions pour poursuivre ses travaux. Pour arriver à ses fins, il expose Augustine au regard de ses hommes cravatés et guindés, il provoque, sous hypnose, de nouvelles crises et tente sur elle des expériences humiliantes, tout ceci au nom de la médecine.

J’ai vraiment beaucoup aimé ce film, j’ai trouvé Soko et Vincent Lindon merveilleux, et je me demande comment ce dernier peut interprêter des personnages aussi différents au fil des films avec toujours autant de talent. On aime critiquer le cinéma français, moi je l’ai toujours défendu et quand on voit ce premier film si plein de promesses, je me dis que j’ai raison.

Alice Winocour, Augustine, 2012, 1h42, avec Vincent Lindon, Soko, Chiara Mastroianni

L’amour sans le faire – Serge Joncour

Dans ce roman, il est question de deux être écrasés de solitude : Franck, qui a perdu son frère Alexandre, qui n’a pas parlé à ses parents depuis dix ans, qui vit seul à Paris, et Louise, qui a une situation professionnelle précaire, qui vit seule elle aussi, mais à Clermont-Ferrand. Alexandre était son compagnon. En plein été, ils vont se retrouver à la ferme, chez les parents de Franck, chez ceux que Louise considère toujours comme ses beaux-parents.

J’ai reçu ce livre  dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de Price Minister (si vous cliquez sur ce lien, vous arrivez sur la fiche produit du livre). J’avais choisi ce titre après avoir vu Serge Joncour chez François Busnel et sa Grande Librairie. Il parlait très bien de son livre, ce qui m’a donné envie de le  lire. Je tiens à souligner que dans la même émission était présent Olivier Adam et que lui aussi donnait très envie de lire son roman. Mais je l’avais déjà lu… Comment ça, ça n’intéresse personne ? Une occasion de citer mon auteur chouchou est toujours bonne à prendre.

Revenons à nos moutons. Enthousiasmée par le dialogue entre le beau gosse de la littérature et le spirituel auteur barbu, je m’apprêtais à passer un très bon moment de lecture. Si j’ai été séduite par l’écriture, l’histoire, elle, m’a laissée sur ma faim. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer ce roman avec Les Lisières, d’Olivier Adam (pas taper, pas taper). Il y a là aussi le retour du fils chez ses parents après avoir déserté, le rapport au frère, à la filiation en général : « Le dernier-né dans une famille c’est souvent le préféré, parce que c’est celui qui fait croire aux parents que le temps ne passe pas, qu’il y aura toujours de l’enfance à pousser derrière eux, il entretient en eux cette illusion de jeunesse, alors qu’en regardant l’aîné ils se sentent déjà vieux. » (p. 100). De plus, le côté social du travail, la précarisation des salariés, sont ici aussi abordés.

Au jeu de la comparaison, j’ai préféré Les Lisières, même si encore une fois, l’écriture est vraiment sensible et subtile. Certains passages m’ont même pas mal chamboulée : « Ne pas avoir d’enfant, c’était se condamner à rester l’enfant de ses parents. Passé quarante ans, si l’on a toujours pas de môme, il est sans doute impossible de s’émanciper de sa propre jeunesse, de s’en dégager définitivement, de devenir autre chose pour ses parents que leur enfant. » (p. 145)

Un point reste à éclaircir : le titre. Je n’ai pas compris, mais sans doute ma compréhension était-elle émoussée, comment Serge Joncour avait choisi ce titre pour son roman.

Une fois n’est pas coutume, je donne une note à ma lecture, 14/20.

Serge Joncour, L’amour sans le faire, Flammarion, impr. 2012, 320 pages.

Isabelle Alexis – Comme dans un film noir

Lu dans le cadre du BIG challenge.

Depuis quelques semaines, des jeunes femmes se font agresser au couteau le lundi à 18 heures. Deux sont déjà mortes et une troisième est à l’hôpital, entre la vie et la mort. Pendant que la police enquête et cherche à établir un lien entre les trois femmes, l’ange gardien de Carole, la troisième victime, lui fait revivre toutes les situations qu’elle a vécu qui aurait pu lui créer des ennemis. Et on peut dire qu’elle n’en manque pas…

Mi-enquête mi-livre pour filles, ce roman ne m’a particulièrement emballé. Je m’attendais à sourire plus. Je n’ai éprouvé aucune empathie pour le personnage de Carole car plus on en apprend sur elle, plus on se dit qu’elle a bien cherché ce qui lui arrive. On se demande même comment ce n’est pas arrivé plus tôt. La seule qui attire un peu de sympathie, c’est Daphné car elle a réellement des raisons de vouloir se venger (je ne vous dis pas de quoi mais les premières pages révèlent le pourquoi du comment).

Je vous livre un passage à la limite du caricatural mais pas très loin de la réalité : « Elle a peint des assiettes, des verres, des vases, elle a sympathisé avec des architectes d’intérieur, des commerçants, des gens normaux, elle a retapé des maisons, des granges mais, dans le regard des Bretons, elle restait toujours cette fille bizarre, la recluse qui vivait dans une maison où tout le monde était décédé, son père, sa mère et sa soeur. La baraque devait être hantée, racontait-on au village. Ca ne devait pas le déranger, elle devait être un peu sorcière, la rouquine… préférait vivre avec ses morts qu’avec les vivants. On racontait que son chef de rayon au magasin l’avait draguée et qu’elle lui avait fracassé un vase sur la tête. Pas très conviviale, la claquemurée. Et puis elle ne venait jamais au Fest-noz, ni à la pêche aux moules et ne mangeait pas de crêpes. Non, elle était étrange. Pas d’amis, pas de petits copains, de temps en temps, on la voyait assise en tailleur face à la mer, quand les pêcheurs rentraient, elle s’en allait… » (p. 191-192)

Amis lecteurs, si vous avez d’autres titres dans votre PAL, ce dont je ne doute pas, passez votre chemin, cette lecture n’a rien d’indispensable, tout juste est-elle divertissante.

Isabelle Alexis, Comme dans un film noir, Flammarion, impr. 2011, 391 pages

S.T.A.R. #5 : Bilan de la première semaine

Le S.T.A.R. de Liyah est entamé depuis une semaine, il est donc temps de faire un premier bilan. J’avais essayé d’estimer le nombre de pages que je pouvais lire par jour selon mes activités professionnelles et extra-professionnelles, le but était donc d’avoir lu au moins ce nombre minimal de pages. Et bien je suis assez contente car j’ai non seulement atteint ce but mais je l’ai même largement dépassé.

J’ai terminé La nouvelle vie de Sophie S. de Lolly Winston, j’ai lu Stupeur et tremblements d’Amélie Nothomb, Ca déménage de Lucy-Anne Holmes, Dora Bruder de Patrick Modiano et j’ai entamé Comme dans un film noir d’Isabelle Alexis. Vous aurez remarqué, oeil de lynx que vous êtes, que tous ces livres appartiennent à ma liste du BIG Challenge, car j’essaie au maximum de combiner les deux.

Je crois qu’il est de coutume de ne pas dire le nombre précis de page que l’on a lu pour maintenir un suspens, je ne l’annonce donc pas, mais je suis contente de moi. J’espère que je vais confirmer en deuxième semaine, même si ça commence plutôt mal puisque je suis malade, je suis au travail dans la journée et quand j’arrive chez moi je ne pense qu’à mon lit. J’essaie bien de lire, mais je somnole. Et en plus, je travaille ce dimanche. Vivement les quelques jours de repos qui se profilent à l’horizon…

A samedi prochain pour un nouveau bilan d’étape de ce sympathique S.T.A.R. qui est en train, enfin, de faire tomber ma PAL. Vaciller serait plus juste. Effleurer ? Y a-t-il un terme plus mesuré encore ? Je vaincrai, soyez-en sûrs !

Ca déménage – Lucy-Anne Holmes

LU dans le cadre du Big Challenge – 470 pages pour le S.T.A.R.

Grace Flowers est une jeune femme de vingt-six ans à l’aise dans ses baskets. Elle est agent immobilier à Londres, elle est avec le même petit ami depuis dix ans, elle est propriétaire de son duplex et a des amis fidèles, notamment sa meilleure amie Wendy. La seule ombre au tableau est la relation tendue qu’elle entretient avec sa mère depuis la mort de son père, dix ans auparavant. Le jour où commence le roman, Grace s’attend à être promue chef des ventes, mais un bellâtre lui vole ce poste. Ensuite, rien ne se déroulera comme prévu…

J’ai été assez séduite par ce roman qui paraît léger mais aborde des thèmes tels que le deuil et l’avortement. Le personnage de Gracie est bien brossé, j’aimerais bien être sa copine car elle est d’un optimisme à tout casser. Ca ferait un équilibre entre nous deux ! Les personnages sont assez caricaturaux, mais on s’attache à eux et on a envie qu’il leur arrive le meilleur. Certains passages sont même franchement hilarants car Gracie est assez « rentre dedans » ce qui la met parfois dans des situations cocasses. La fin est cousue de fil blanc, certes, mais je suis prête à tout pardonner à ce livre qui fait du bien et qui m’a fait passer un bon moment de lecture, divertissant en tout cas.

Cet ouvrage est paru sous un titre différent chez Plon, Marilyn, Elvis, le prince William et moi. Personnellement, et une fois n’est pas coutume, je préfère l’édition France Loisirs.

Lucy-Anne Holmes, Ca déménage, France Loisirs, impr. 2012, 470 pages