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Ce court roman a pour narrateur Mastic des Feux mignons, un setter anglais de sexe mâle, rebaptisé Joyce à son arrivée dans la maison. Sa santé décline lentement et il a besoin de s’exprimer sur la relation qu’il entretient avec Elle, sa maîtresse. Il nous parle de son quotidien, heureux ou malheureux, des autres membres de la famille, même si c’est Elle qui compte avant tout, des autres animaux de la maison. Jusqu’à l’inévitable…

Je ne serais pas allée de moi-même vers ce texte, mais c’est mon amie et collègue Sandrine qui me l’a offert pour mon anniversaire, notamment parce que je préfère les chats aux chiens, dont j’ai très peur. Dès les premiers mots, j’ai été séduite par le ton employé. Jugez plutôt : l’exergue donne déjà une atmosphère particulière Peut-on dédier un livre à un chien ? demanda-t-elle. Non, lui dit-on. Alors ce livre n’est pour personne. Pour moi, c’est tout un état d’esprit qui se dévoile, que j’apprécie beaucoup. J’ai adoré l’écriture qui, même si elle se situe à hauteur de chien, est formidablement juste et pleine d’émotion. En peu de mots, une situation est croquée, une mésaventure contée. Pas de fioritures inutiles, mais une délicatesse dans l’évocation de moments plus douloureux, comme la perte de certains compagnons à quatre pattes.

Je partage avec vous des passages que j’ai particulièrement aimé, même s’ils n’y sont pas tous, car il y en a trop.

Nous sommes tous logés à la même enseigne, et je ne l’ai jamais vu manifester la moindre gratitude envers Elle, qui, pourtant, lui prépare sa pâtée. Cette absence de reconnaissance est commune à tous les chats, enfin, ceux de ma connaissance. J’en déduis donc que c’est une caractéristique propre à cette gent. Le chat prend mais ne donne jamais. Opium veut voir dans cette attitude une preuve d’absolue liberté. Le chat n’appartient à personne, alors que le chien se soumet au premier venu. Opium prononce le mot « soumet » avec une sorte de dégoût frémissant dans la voix. C’est une façon de voir les choses. Ce n’est pas la mienne.

Je tiens à dire qu’un cheval couché n’a rien à voir avec le même debout. Un cheval couché, , c’est un gros désordre dans le cours des choses. Une impression mauvaise

Catherine GUILLEBAUD, Dernière caresse, Folio Gallimard, impr. 2011, 125 pages