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Cela fait un peu plus d’un mois que j’ai pris mon nouveau poste, alors il était temps que je vienne vous donner de mes nouvelles.

Qui dit nouveau poste dans une ville éloignée de 120 kilomètres de « chez moi » dit recherche d’un nouveau logement pour nous abriter, mon chat et moi. Comme je suis une fille prévoyante (euphémisme pour dire chiante et stressée par toute idée de changement donc hyper prévoyante donc chiante), j’ai cherché, et trouvé, ma maison dès janvier. Pour un emménagement en mars. On ne se refait pas. Quoi ? Oui, vous avez bien lu, j’ai trouvé une MAISON. En pierre. Sur trois niveaux. Sans mur mitoyen pour partager la vie de mes voisins bien-aimés qui invitent des filles qui font claquer leurs talons aiguilles jusqu’à 2h30 du matin tous les samedis. Sans jardin non plus, mais on ne peut pas tout avoir, et la mer est à trente minutes.

J’ai commencé à faire mes cartons en décembre, c’est-à-dire trois mois avant la date du déménagement. Souvenez-vous, je suis prévoyante ! Tout le monde s’est mobilisé pour me fournir les dits cartons, ma chef, mes amis, mes parents, mon pharmacien, à croire qu’ils avaient hâte de me voir partir !

Et puis, il y a eu LE jour du déménagement. Je vous passe les adieux larmoyants avec mes amis chéris, et les pots de départ où vous devez embrasser même les collègues que vous n’aimez pas. LE jour du déménagement disais-je. Sous la pluie mais avec des bonnes volontés et une organisation optimum. Régis qui remplissait le camion d’une façon logique, tellement que s’il n’avait pas été là, il aurait fallu un deuxième camion, mon père et mon frère qui transportaient meubles et cartons, ma mère au nettoyage et moi en chef d’orchestre.  « Et ça, c’est fragile ? » « Non non, ce sont des draps » « Et ça, ça ira où dans ta maison ?  » « Tout en haut, il vaut mieux le charger en dernier ». J’ai même reçu des textos de mes amies qui travaillaient et ne pouvaient pas m’aider mais m’encourageaient à distance. Ca m’a fait un bien fou de me sentir entourée. Même quand la dame-de-l’OPAC est venue pour l’état des lieux et que j’ai arrêté de respirer, ça s’est bien passé. Il faut savoir qu’à l’OPAC désormais, vous avez un pré-état des lieux où il vous disent que si vous ne rebouchez pas les trous que vous avez percé pour poser votre barre de rideau, ça va vous coûter très cher. Et que si vous osez partir sans remettre la douille DCL à votre plafonnier, ça va vous coûter encore plus cher. Alors quand arrive l’état des lieux, vous êtes devenu parano et vous voyez des trous partout. Et bien, non, la dame-de-l’OPAC m’a fait des compliments sur l’entretien de l’appartement.

120 kilomètres plus loin, il a fallu décharger le camion. Il pleuvait toujours et il fallait le rendre pour 18 heures. Mais mon frère avait trouvé deux de ses amis pour nous aider et en deux temps trois mouvements, le camion était vide et la maison pleine comme un oeuf. Mon chat était dans sa caisse depuis le matin et miaulait tout ce qu’il savait. Mais on était chez nous. Un chez nous un peu en bordel, pas très propre, sans chauffage (comment ça marche, m*** ?!), sans eau chaude (ah ben non, le chauffe eau n’était pas en marche, pourquoi ?!), mais chez nous.

Je vous passe les détails de l’emménagement, le re-montage du buffet (qu’est-ce qu’il est moche ce buffet, où va-t-on le mettre ? Ah, finalement il n’est pas si mal sur ce pan de mur), le re-re-montage du lit (il manque des pièces, c’est pas possible !), le re-re-re-montage de l’armoire (t’es sûre que ça rentre, là ?).

Dix jours plus tard, j’ai repris le travail. Mon nouveau poste. Au contact du public. Comme quoi, tout arrive.

Tous les mardis, mercredis, parfois le vendredi, je dois aider une dame qui collectionne les photos de princesses à faire des copier-coller d’Internet sur O*en O**ice. En ce moment, on s’occupe de Caroline de Monaco. Après, elle m’a déjà prévenue, ce sera Lady Diana. Il y a le monsieur qui réserve les « Que choisir ? » d’un mois sur l’autre. Celui qui trouve que la médiathèque, « c’est super, et l’accueil est top ! »

Je distribue des tickets wifi, je demande des ouvrages à la bibliothèque universitaire de Chambéry, Brest, Nanterre, qui traitent des relations entre frères et soeurs, la flore forestière ou Erasme en latin. J’envoie des lettres de rappel, j’achète le dernier roman de Jean-Christophe Rufin et je rigole avec mes collègues autour du café.

Bref, je suis à nouveau une bibliothécaire. Une vraie.

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