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Leonora Galloway et sa fille Penelope sont anglaises. Elles arrivent ensemble dans la Somme dans les années 90, pour se recueillir dans un mémorial dédié aux soldats tombés au front pendant la Première Guerre mondiale. C’est là que le père de Leonora est mort, en 1916. Le problème, c’est qu’elle est née en 1917, plus de 9 mois après la mort de son père. Commence alors pour les deux femmes un voyage dans le temps, à la rencontre d’une famille rongée par les secrets, les non-dits, les mensonges…

J’ai choisi ce livre dans ma PAL car une amie l’avait lu et qu’elle m’en avait dit beaucoup de bien. Quand on a autant de livres à lire que moi, on revoit forcément ses priorités au gré des lectures des autres, selon leurs commentaires positifs ou négatifs. Je remercie donc Murielle d’avoir fait avancer ce roman de quelques crans dans ma PAL et ainsi, de m’avoir fait découvrir un texte qui restera sûrement longtemps dans ma mémoire.

En effet, j’ai beaucoup aimé cette lecture. D’abord, parce que c’est un volume imposant et que, lorsque c’est justifié, j’adore les gros romans. Ici, l’auteur a besoin de temps pour installer la situation, cela est nécessaire pour comprendre toutes les implications du passé et du présent dans le futur des personnages. De plus, j’adore la période historique choisie pour servir de cadre au roman. La Première Guerre mondiale est une tranche de l’histoire qui me fascine, c’est elle qui fait entrer le monde dans la période dite « contemporaine » et elle est responsable de bien des évènements du XXème siècle. Même si l’on est bien dans un roman, le contexte historique est ici primordial. En outre, j’ai eu l’impression de retrouver la plume tant aimée de Sarah Waters, notamment dans la façon de décrire les demeures, le caractère des personnages, et aussi dans la manière d’imbriquer les époques, les destins et les secrets. Ce n’est pas aussi virtuose que dans Du bout des doigts ou Caresser le velours, mais l’atmosphère des manoirs anglais, des familles rongées de l’intérieur, m’ont souvent évoqué mon auteur préférée.

Je vous conseille donc vivement cette lecture, chers Léontine’s readers, qui vous fera passer un excellent moment.

Je vous livre deux extraits qui m’ont particulièrement marquée. Le premier sur la lecture : En général, les après-midi où il faisait beau, Leonora prenait le thé dans la véranda, en compagnie de son chat, de ses livres et de ses pensées. Le deuxième, je vous en fait part car il me rappelle une discussion très passionnée que j’ai eu avec une connaissance, à propos de la guerre et de ses ravages. Je sais qu’elle ne passera pas par ici, mais j’aurais bien voulu qu’elle lise ceci : J’ai servi à Cuba, en 1898, sous les ordres de Roosevelt, et j’ai appris tout ce que j’avais besoin de savoir à propos de la guerre. La gloire pour les généraux et la mort pour ceux qui les servent loyalement ! Jouer au petit soldat ne rapporte strictement rien. Le silence s’installa. Nous étions gênés, moins par la franchise de Montpesson que par la pertinence de sa remarque. Nous pouvions difficilement répliquer, faisant encore semblant de croire au devoir patriotique.

Robert Goddard, Par un matin d’automne, Le livre de poche, impr. 2011, 542 pages