Livres. Films. Musique

Archives de Tag: Joncour

Dans ce roman, il est question de deux être écrasés de solitude : Franck, qui a perdu son frère Alexandre, qui n’a pas parlé à ses parents depuis dix ans, qui vit seul à Paris, et Louise, qui a une situation professionnelle précaire, qui vit seule elle aussi, mais à Clermont-Ferrand. Alexandre était son compagnon. En plein été, ils vont se retrouver à la ferme, chez les parents de Franck, chez ceux que Louise considère toujours comme ses beaux-parents.

J’ai reçu ce livre  dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire de Price Minister (si vous cliquez sur ce lien, vous arrivez sur la fiche produit du livre). J’avais choisi ce titre après avoir vu Serge Joncour chez François Busnel et sa Grande Librairie. Il parlait très bien de son livre, ce qui m’a donné envie de le  lire. Je tiens à souligner que dans la même émission était présent Olivier Adam et que lui aussi donnait très envie de lire son roman. Mais je l’avais déjà lu… Comment ça, ça n’intéresse personne ? Une occasion de citer mon auteur chouchou est toujours bonne à prendre.

Revenons à nos moutons. Enthousiasmée par le dialogue entre le beau gosse de la littérature et le spirituel auteur barbu, je m’apprêtais à passer un très bon moment de lecture. Si j’ai été séduite par l’écriture, l’histoire, elle, m’a laissée sur ma faim. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, je n’ai pas pu m’empêcher de comparer ce roman avec Les Lisières, d’Olivier Adam (pas taper, pas taper). Il y a là aussi le retour du fils chez ses parents après avoir déserté, le rapport au frère, à la filiation en général : « Le dernier-né dans une famille c’est souvent le préféré, parce que c’est celui qui fait croire aux parents que le temps ne passe pas, qu’il y aura toujours de l’enfance à pousser derrière eux, il entretient en eux cette illusion de jeunesse, alors qu’en regardant l’aîné ils se sentent déjà vieux. » (p. 100). De plus, le côté social du travail, la précarisation des salariés, sont ici aussi abordés.

Au jeu de la comparaison, j’ai préféré Les Lisières, même si encore une fois, l’écriture est vraiment sensible et subtile. Certains passages m’ont même pas mal chamboulée : « Ne pas avoir d’enfant, c’était se condamner à rester l’enfant de ses parents. Passé quarante ans, si l’on a toujours pas de môme, il est sans doute impossible de s’émanciper de sa propre jeunesse, de s’en dégager définitivement, de devenir autre chose pour ses parents que leur enfant. » (p. 145)

Un point reste à éclaircir : le titre. Je n’ai pas compris, mais sans doute ma compréhension était-elle émoussée, comment Serge Joncour avait choisi ce titre pour son roman.

Une fois n’est pas coutume, je donne une note à ma lecture, 14/20.

Serge Joncour, L’amour sans le faire, Flammarion, impr. 2012, 320 pages.